

PRESENTATION DU DIVIN MARQUIS
Donatien Alphonse François de SADE est né à Paris en 1740 d’une vieille famille aristocratique ayant domaine seigneurial et château à Lacoste en Provence.
Son rang social dû à ses origines lui permit de suivre des études au sein d’une école militaire formant dès l’adolescence les futurs officiers. Plus tard, devenu sous-lieutenant, il se fit remarquer de la hiérarchie militaire pour son courage digne des fils de la noblesse d’épée, sur les divers champs de bataille de la guerre de sept ans menée contre la Prusse par Louis XV.
Marié en 1763 à une fille de la famille « de Montreuil » riche et influente dans la magistrature, le Marquis fut un mari volage et débauché, comme tant de hauts personnages de son siècle.Les quelques amours extraconjugales qui ponctuèrent sa vie sentimentale furent toutefois sincères.
Son goût outrancier pour le stupre l’entraîna à maintes reprises vers des turpitudes délictueuses.L’une de ses frasques les plus célèbres le fit même condamner à mort. En 1772 pour agrémenter une de ses orgies fameuses, il convia quatre jeunes prostituées de Marseille. Il leur offrit quelques bonbons à la cantharide, l’aphrodisiaque de l’époque, le « viagra » des coquins et des gourgandines. L’une des jeunes filles, outre la violence des assauts de son hôte, eut à subir les conséquences des effets des sucreries goûtées sans modération. En fait, prise de vomissements douloureux, elle accusa le marquis d’avoir voulu l’empoisonner dès le lendemain des ébats.Les Assises de Marseille prirent la décision de condamner à mort par contumace l’organisateur de la fête pour tentative d’empoisonnement : l’accusé avait eu la prudence de s’enfuir pour se réfugier en Savoie loin des foudres de la justice.Après bien des péripéties, il fut arrêté à Paris et placé en détention dans le donjon de Vincennes puis à la Bastille et à Charenton, si bien qu’il eut tout loisir d’y rédiger ses œuvres :
- Les cent vingt journées de Sodome (1784)
- Les Infortunes de la Vertu
- Aline et Valcour.
Les révolutionnaires enclins à pardonner à ceux qui avaient eu à subir les foudres de la justice de l’Ancien Régime décidèrent d’ouvrir les portes des prisons et de tous les lieux de détention. Le Marquis put en profiter en 1790. Devenu l’ami intime de Marat, il joua un rôle lors de certains événements révolutionnaires, rôle secondaire peut-être, mais réel.
Comme tant d’autres citoyens et autres « ci-devant », au gré des évènements et bouleversements tragiques, il eut maille à partir avec les tribunaux cocardiers de la Terreur. Condamné à mort, il évita la guillotine grâce à une erreur de transcription d’un greffier. Il attendit en vain la charrette des condamnés. Personne ne lui ouvrit la porte de sa cellule. Pour une fois il n’en fut pas désobligé. Il fut libéré en octobre 1794 pour devenir sous le Directoire (1795/1799) un écrivain reconnu qui put jouir pleinement d’une certaine notoriété littéraire puisque Muscadins et Merveilleuses se déplaçaient dans les théâtres parisiens qui jouaient ses pièces. En ce temps, le Directeur Barras et sa jolie créole, veuve Marie-Rose de Beauharnais, animaient le Paris de la gaieté et de la fantaisie.
En 1795 il publia : « La philosophie dans le boudoir » ; « Aline et Valcour » ; «La nouvelle Justine» et «Juliette».
En 1797 une nouvelle édition de « Justine ou les malheurs de la vertu » parut avec succès.
Pourtant en 1801 il fut arrêté chez son libraire par la police de Fouché au moment où il s’apprêtait à faire publier une « Nouvelle Justine », ouvrage rempli d’annotations qui prévoyaient d’amplifier le martyre de Justine pour mieux mettre en exergue le triomphe de Juliette; en d'autres termes, la démonstration d'une logique destructrice de la vertu pour mieux imposer l'exaltation du vice. Il fut placé sur décision administrative à Charenton jusqu’à sa mort en 1814.
Ses idées anticléricales, son athéisme sans cesse déclaré, son goût de la provocation pornographique, n’avaient pu laisser insensible l’administration répressive du nouveau chef de la France, ce général victorieux devenu Consul, qui attendait beaucoup de la réconciliation des Français placés sous la protection bienveillante de son sabre encore étincelant de ses victoires, depuis le coup d’état du 18 Brumaire.
L’auteur
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